Ecole: le parti socialiste donne un zéro pointé au gouvernement

Posté par toulouse2008 le 14 avril 2009

École : le parti socialiste donne un zéro pointé au gouvernement 

Paru dans le voix du nord, le compte rendu de notre réunion à Avesnelles.

Jean-Luc Pérat s’est insurgé sur la politique menée par le gouvernement sur l’éducation. 

|  DÉBAT | Lundi soir, à Avesnelles, le parti socialiste a organisé une réunion-débat publique sur l’école. Outre les prises de position politiques des élus socialistes, les enseignants conviés ont dressé un bilan alarmiste sur les mesures et les réformes engagées. 

« De quoi avez-vous envie pour l’école ? », la question directe posée en préambule par Frédéric Divina, suppléant de J.-L. Pérat, député, a donné le ton, lundi soir, de ce débat public organisé à la salle des fêtes par le PS. Pas trop de politique politicienne, pas trop d’« anti Sarko » dans le porte-voix, mais du concret, du vécu au quotidien et des idées pour redonner à l’école toute sa place, voilà l’orientation voulue de cette soirée spéciale « école ». reunionpubliqueavesnelles6avril09081.jpg

Éric Pétignaud, enseignant dans le canton de Trélon, avec une longue expérience de classe unique, s’est centré sur le cas de l’école maternelle. Il a défendu avec force : «  la maternelle à 2 ans pour les enfants qui sont prêts  ». « La scolarisation précoce est un outil supplémentaire d’intégration scolaire. Cela ne se résume pas à surveiller des siestes ou changer des couches ! Et d’autant plus, ici, dans l’Avesnois où un gros effort a été fait sur le langage », a-t-il souligné. Éric Pétignaud s’est interrogé sur le but ultime d’une politique gouvernementale qui vise à barrer l’accès à l’école aux petits de deux ans et ouvrir à la place «  des jardins d’éveil financés par les communes, la CAF et les parents ». « Voilà aussi « in fine » un moyen bien commode de viser les classes uniques !  », a-t-il lancé. 

Jean Lesage, directeur d’une école primaire à Hautmont a, quant à lui, critiqué la dégringolade de nouveaux programmes avant chaque rentrée. Les derniers en date dégagent, selon lui, «  un esprit d’apprentissage mécanique au détriment de la compréhension. » « On revient à un enseignement frontal, à un dressage comportemental  » a-t-il ajouté. Il est revenu aussi sur la suppression du samedi matin, une mesure qu’il a qualifiée de «  démagogique » et de néfaste pour la chronobiologie des enfants. «  Elle réduit aussi le nombre d’heures d’enseignement et aboutit, en toute fin, à la suppression des RASED, avec la mise en place des heures individualisées.  » Dernier point, le directeur hautmontois s’est inquiété de la mise en ligne des résultats des évaluations de CM2, «  qui placent ainsi toutes les écoles en concurrence directe. » Pour la partie collège-LEP-lycée, Patrick Antoniol, enseignant au lycée Jessé de Forest d’Avesnes, n’a pas dressé un constat plus réjouissant que ses collègues. Il a regretté la suppression du BTS assistance de direction alors que les offres d’emploi existent sur le bassin, mais aussi la confusion qui règne dans la nouvelle version du bac pro à 3 ans. Il a pointé, au collège, des départs en retraite non remplacés dans des matières essentielles. Un tableau noir que l’enseignant a toutefois assorti d’une mise en garde : «  que la gauche ne nous construise pas un énième plan de rupture ! Il faut faire un travail démocratique avec les gens qui travaillent dans l’éducation. » • F. D. 

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